Henry Miller

L’œuvre d’Henry Miller est marquée par des romans largement autobiographiques, dont le ton cru et sensuel a suscité une série de controverses dans l’Amérique puritaine dont il voulait stigmatiser l’hypocrisie morale. Son écriture virulente et scandaleuse a profondément marqué les écrivains de la Beat Generation.

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Ce grand conteur de la sexualité et de l’érotisme aimait à penser qu’en lui « le diable écrit mais l’ange peint. » Celui pour qui la peinture fut une véritable passion n’hésitait pas à affirmer : « to paint is to love again. » Véritables synthèses de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle (on pensera à Klee, Chagall, Dufy, etc.), ces œuvres nous révèlent qu’une tendresse pour l’humanité et un optimisme allègre habitaient cet immense écrivain.

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Les dessins automatiques et les aquarelles où se lit une véritable jouissance créative nous font pénétrer dans l’univers visuel bouillonnant d’un des plus grands génies de notre siècle.

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« Pour Miller, peindre c’est naître, c’est vivre cette innocence primordiale de l’enfant qui découvre le monde. Néanmoins sa peinture, à la gaieté du coloris près, est à l’opposée des dessins d’enfants. Même si le romancier avoue ne pas savoir dessiner, sa peinture est savante (…) son œuvre pictural est une synthèse de toute la peinture de la première moitié du XXème siècle. En effet, il faut bien dire ou avouer que l’on y trouve un résumé de l’art de Klee, de Hans Reichel, de George Grosz, de Nolde pour l’Allemagne ; de Chagall, Rouault, Léger, Dufy, Matisse, Picasso, Pascin, pour l’école de Paris ; de Georgia O’Keefe et de John Marin pour les Etats-Unis. Reste que cet amalgame constitue un œuvre étonnamment  personnel autant que celui d’un « peintre-témoin de son époque » – tout comme l’écriture annonce une mutation de la sensibilité et de la sexualité occidentales. »

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« Les éléments figuratifs hétérogènes, amalgamés comme dans un rêve, mais plastiquement reliés entre eux par des passages, des reflets, des transparences, se réduisent le plus souvent à quelques espèces végétales, objectales ou animales : personnages, maisons, fleurs, poissons, oiseaux, quadrupèdes, bateaux à voiles. Mais c’est la figure humaine qui occupe la première place. Ces sujets offrent, d’une aquarelle à l’autre, des variantes mais paraissent provenir d’une sorte de matrice, de moule commun. A ces formes qui lui tiennent lieu d’alphabet graphique, Miller mêle des signes qui sont aussi des symboles, telles l’échelle, l’étoile de David, la lune (pleine ou en croissant). Ces signes récurrents sont une sorte de leitmotiv. »

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« Que représente pour lui la peinture et comment justifie-t-il ses activités de peintre ? “Quand je peins je me sens bien. Et si cela me rend heureux, il y a bien des chances pour que cela rende aussi les autres heureux.” Et le voici qui se montre à nous, dans l’acte de peindre : “Je ne sais plus ce que je fais ni où je suis… J’ai deux pinceaux dans une main et trois dans l’autre et je n’arrête pas de chanter, de danser, de me balancer, de tituber, de fredonner, de jurer, de crier…” En un mot comme en cent, Miller peint parce que ça lui plaît, parce que l’acte de peindre s’oppose à l’acte d’écrire comme le bonheur à l’angoisse. »

(Extraits du texte Le Sourire au bout du pinceau de Françoise Py, critique d’art)

The work of Henry Miller is marked by largely autobiographical novels, the raw and sensual tone of which sparked a series of controversies in Puritan America whose moral hypocrisy he wanted to stigmatize. His virulent and scandalous writing left a deep mark on the writers of the Beat Generation.

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This great storyteller of sexuality and eroticism liked to think that in him « the devil writes but the angel paints. » « The one for whom painting was a real passion did not hesitate to say: » to paint is to love again. « True syntheses of all the painting of the first half of the 20th century (we will think of Klee, Chagall, Dufy, etc.), these works reveal to us that a tenderness for humanity and a cheerful optimism inhabited this immense writer.

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The automatic drawings and watercolors in which one can read a real creative pleasure take us into the bubbling visual universe of one of the greatest geniuses of our century.

« For Miller, to paint is to be born, it is to experience this primordial innocence of the child who discovers the world. However, his painting, except for the cheerfulness of the coloring, is the opposite of children’s drawings. Even if the novelist admits not knowing how to draw, his painting is scholarly (…) his pictorial work is a synthesis of all the painting of the first half of the 20th century. Indeed, it must be said or admitted that it contains a summary of the art of Klee, Hans Reichel, George Grosz, Nolde for Germany; by Chagall, Rouault, Léger, Dufy, Matisse, Picasso, Pascin, for the Paris school; by Georgia O’Keefe and John Marin for the United States. Still, this amalgamation constitutes a surprisingly personal work as much as that of a « painter-witness of his time » – just as writing heralds a change in Western sensitivity and sexuality. « 

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“The heterogeneous figurative elements, amalgamated as in a dream, but plastically linked together by passages, reflections, transparencies, are most often reduced to a few plant, object or animal species: characters, houses, flowers, fish, birds , quadrupeds, sailboats. But it is the human figure that occupies the first place. These subjects offer variations from one watercolor to another, but seem to come from a sort of matrix, a common mold. With these forms which take the place of a graphic alphabet, Miller mixes signs which are also symbols, such as the scale, the Star of David, the moon (full or crescent). These recurring signs are a sort of leitmotif. « 

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“What does painting represent for him and how does he justify his activities as a painter? “When I paint I feel good. And if that makes me happy, chances are it will make other people happy too. ” And here he is showing himself to us, in the act of painting: “I no longer know what I’m doing or where I am… I have two brushes in one hand and three in the other and I don’t stop to sing, to dance, to swing, to stagger, to hum, to swear, to scream… ”In a nutshell, Miller paints because he likes it, because the act of painting is opposed to painting. act of writing like happiness to anguish. « 

(Excerpts from the text Le Sourire au bout du pinceau by Françoise Py, art critic)

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